Le Pakistan constitue pour l’Inde une gêne permanente qui l’empêche de réaliser pleinement ses projets régionaux et dans une moindre mesure mondiaux. À défaut de pouvoir la menacer, il maintient son pouvoir de nuisance au Cachemire en aidant les mouvements séparatistes et même dans le reste de l’Inde, affirment de nombreux commentateurs, notamment dans le Nord-Est, par l’intermédiaire du Bangladesh où l’extrémisme islamiste progresse. En fait, l’Inde accuse le Pakistan de laisser des mouvements extrémistes islamiques fomenter des attentats sur l’ensemble de son territoire ou de les organiser lui-même par l’intermédiaire de son principal service de renseignement, le Directorate of Inter-Services Intelligence (DISI), plus connu sous le simple signe ISI. De son côté, le Pakistan affirme dans les instances internationales que l’Inde viole les droits de l’Homme, au Cachemire tout particulièrement. Il dénonce aussi l’aide qu’elle apporterait aux mouvements de rébellion, notamment au Balouchistan. Les deux pays continuent de s’accuser mutuellement. La coordination des secours pour venir en aide aux populations victimes du séisme du 8 octobre 2005 dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan a montré les limites d’un rapprochement. Certes, le cessez-le-feu, déclaré le 25 novembre 2003, est maintenu sur la ligne de contrôle que l’Inde considère comme sacro-sainte. En réalité des accrochages se produisent de temps à autre de part et d’autre de cette ligne et les deux belligérants s’accusent mutuellement. Aucun progrès n’apparaît dans le règlement du conflit du Cachemire où des attentats se produisent encore régulièrement dans la partie indienne. Aucun progrès non plus n’est enregistré en ce qui concerne la question spécifique du glacier du Siachen.